L' Histoire de la marqueterie

 

L'utilisation de la marqueterie remonte à l'antiquité, soit 300 ans avant notre ère, en Asie Mineure.

 

Cet art que l'on désigne sous le nom de Tarsia ou Intarsio, se développe sous l'égypte antique. La première technique utilisées s'appelait Tarsia Certosina, soit des incrustations d'os, de nacre, de pierres précieuses ou d'un bois d'une autre essence, dans des cavités creusées dans du bois massif, par exemple.

On a également retrouvé lors des fouilles d'Ur (ancienne ville de la Mésopotamie, aujourd'hui appelé Tell al-Muqayyar dans l'actuel Irak) une lyre en bois décorée d'une tête de taureau en or et lapis-lazuli et un jeu en coquillage, os et lapis-lazuli.

 

Lyre en bois
Jeu de dés

 

Disparue après la chute de l'empire romain, elle réapparaît au XIVe siècle en Toscane, sous l'appellation Tarsia Géométrica ou marqueterie géométrique ou linéaire.

Ainsi des artisans comme les frères Benetto et Guiliano Da Maîano développent cette technique et créent l'art des effets picturaux et perspectifs, créant de ce fait de magnifiques trompe l'oeil aux thèmes variés.

A cette époque, Giovanni Da Verona commence à teindre les bois en les trempant dans des décoctions végétales et des huiles bouillantes.


 

Au cours du XVIIe siècle, les allemands inventent une nouvelle technique consistant à superposer des feuilles de placages d'essences différentes dans un même paquet et de les découper en une fois. En jouant ainsi avec les essences claires et sombres, vont se créer alors des décors à l'aspect « positif » et « négatif » aussi appelé partie (fond en laiton et ornement en écailles de tortue) et contrepartie (fond en écailles de tortue et ornements en laiton). C'est la méthode dite « découpe par superposition ».

 

Plus tard, au milieu du XVIIe siècle, cette dernière sera réutilisée et fortement développée par André Charles Boulle, l'ébéniste du roi Louis XIV, jusqu'à porter son nom.

 

Meuble partie
Meuble contrepartie

 

Après sa mort, la marqueterie décline, puis ressurgit sous Napoléon III où sont exécutées de nombreuses copies de cabinets, de bureaux mazarins, etc...

 

 

A la fin du XIXe, Louis Majorelle et Emile Gallé réalisent des œuvres appelées « modern style », des dessins au genre nouveau, très élancés à l'inspiration florale.

Au musée de l'école de Nancy (fondé en 1901), on peut admirer une quantité d'ouvrages marquetés de Gallé, le fondateur, et de Majorelle.

Lit Majorelle
Meuble à musique Gallé

 

L'éclatement du faubourg Saint-Antoine dans les années 1970 a progressivement mis un terme à toute activité d'ébénisterie et de marqueterie. En 1996, seuls quelques ateliers résistent encore... Il y a un demi-siècle, on comptait plus d'une centaine d'ateliers dans le Faubourg Saint-Antoine. En France aujourd'hui, quelques artisans travaillent encore à la restauration de meubles, certains se spécialisant dans la marqueterie. C'est le cas de Georges Vriz, qui utilisa et développa une nouvelle technique, qui porte désormais son nom, qui consiste à superposer deux placages et de les racler jusqu'à faire apparaître le placage d'en dessous.